Ecriture inclusive : vrai débat ou simple évolution des usages ?

Comme beaucoup et surtout en tant qu’autrice, je me suis posée cette question il y a quelques temps déjà.

J’ai pris en compte les arguments des uns et des autres. Les uns défendant plus que l’égalité entre masculin et féminin, mais aussi la liberté de genre et toute la fluidité de cette notion aujourd’hui. Les autres se drapant dans l’incontournable difficulté de mettre en place une grammaire, des nouveaux mots qui répondent à des besoins différents de la société. J’admets bien volontiers que c’est une façon de penser complètement différentes et comme tout changement cela demande une volonté et du temps pour mettre d’autres pronoms en place. Les enfants en seraient-ils vraiment perturbés ? Je n’en suis pas certaine. Après tout, ils sont à l’école pour apprendre. Apprendre une règle différente de celle que leurs parents ont appris, est-ce que c’est si grave ? Moi qui ai grandi avec cette horreur « le masculin l’emporte sur le féminin », et qui pense dur comme fer que l’égalité homme/femme passe en premier lieu par l’éducation des garçons, je me dis que ça ne peut pas être une mauvaise chose.

J’ai eu besoin de me poser cette question pour mon dernier manuscrit, Aussi Longtemps que le Soleil et la Lune dureront. En effet, dans cette histoire, j’ai créé des personnages agenrés, Les Premiers, des créatures ni homme, ni femme. J’ai donc dû faire en sorte que cela passe par mon écriture avec l’emploi de pronoms neutres.

Et pour tout vous dire, ça n’a pas été évident.

Mon objectif était assez simple, mais finalement, il s’est avéré bien complexe dans la pratique, car ce n’est pas si évident d’éviter les « il », les « elle », faire des périphrases et utiliser les pronoms neutres qui me paraissaient les plus faciles à insérer dans la langue sans trop ébranler le lecteur dans sa lecture. Bien sûr qu’il le sera. Vous le serez quand vous le lirez, peut-être, si vous n’avez pas l’habitude. Mais c’est ici que tout se joue : l’habitude. Et finalement, ce n’est pas insurmontable d’après mes bêta-lectrices.

Bien sûr, l’évolution de la langue ce sera longue. Laborieuse. Difficile.

Il y aura des heurts.

Il y en aura toujours pour défendre le passé. Le conservatisme. Au nom d’une pensée sainte et sacrée.

Mais nous vivons dans un monde qui évolue. Dans une société dont les besoins évoluent. Où les gens, hommes, femmes, neutres, tous et toutes, veulent être représentés et ont le droit de l’être dans une langue qui est profondément marquée par la domination d’un genre sur l’autre, les autres.

Si je peux apporter ma petite contribution à cette évolution, alors je suis fière d’avoir fait en sorte que mes personnages agenrés aient les pronoms qui leur conviennent le mieux, qui les représentent et qu’ils méritent.

Comme cet article, ce choix ne conviendra pas à tout le monde. Mais depuis quand écrit-on pour plaire à tout le monde ?

Pour aller plus loin dans la réflexion :

Guide de Grammaire neutre et inclusive, par Divergenres, Québec, 2021

L’écriture inclusive au service de l’égalitarisme, Juliette Chevalier, Antigones, 2019

Excluantes, l’écriture inclusive ?, Magali Della Sudda, Marion Paoletti, Travail, genre et sociétés 2022/1 (n° 47), pages 149 à 152

J’ai lu un roman en écriture inclusive et franchement ça va, Eric Aeschimann, Bibliobs, 2018

Jours d’or et de cuivre, bienvenue

L’automne est enfin arrivé.

Et pour beaucoup de lecteurs autant que pour beaucoup d’écrivains, c’est une saison privilégiée.

Quelle meilleur moment de l’année pour se gorger des derniers rayons de soleil qui illuminent une nature se parant de ses plus belles couleurs. Or, rouges, bruns, jaunes… C’est ici qu’elle scintille, lumineuse, avant de s’endormir pour plusieurs mois.

Moi-même j’adore l’automne. Tout finit par s’apaiser doucement après les sorties de l’été et le rush de la rentrée. J’aime sentir ce calme s’installer lentement, voir la nature s’envelopper dans la douceur, préparer les maisons en sortant les plaids, les bougies, les thés de saisons (vanille et lapsang suchong ont ma préférence dès les premiers frimas, et vous ?) Avec ça, mes envies de lecture changent aussi. Je me tourne plus vers la fantasy et les romans historiques. Tout comme mes envies d’écriture changent également.

Mon programme pour cette fin d’année était assez simple jusque là : je souhaite terminer les deux textes sur lesquels je travaille encore, à savoir les corrections du tomes 4 des Mémoires des Immortels (et derniers tomes d’ailleurs), et corriger Aussi longtemps que le soleil et la lune dureront. Il s’agit d’un manuscrit assez conséquent même si les bêta-lectrices adorables qui m’ont lue n’ont pas soulevé un immense retravail à effectuer, il faut quand même changer quelques détails, ce qui me prendra du temps. Mais avec toutes ses corrections et le temps automnal qui s’installe, j’ai également envie d’écrire et je me suis penchée sur l’adaptation d’un mythe originaire de Chine. Je l’ai présenté rapidement sur instagram pour celles et ceux qui m’y suivent (n’hésitez pas à m’y rejoindre pour les autres : Gaëlle Magnier si nous arrivons à 1000 sur le compte d’ici le 31 décembre, j’offre une nouvelle gratuite à mes followers). Concernant l’écriture du mythe, je ne sais pas encore si ce sera une longue nouvelle ou un court roman. Je verrai en commençant l’écriture de quelle façon elle s’impose à moi, mais j’ai hâte de découvrir cette histoire.

Pour en savoir plus sur ce mythe de la Voie Lactée : Zhinü et Niulang

Je partage avec vous les lectures qui vont très certainement m’accompagner cet automne :

Et une belle musique de The8, Hai Cheng, que je viens tout juste de découvrir, pour mettre dans l’ambiance de ce cocon de douceur qui s’installe :

La journée de la Romance Historique

Si vous vous demandez où me trouver, je serai présente à La Journée de la Romance Historique le 16 octobre prochain à Paris, aux Caves Saint Sabin !

Cela faisait très longtemps que je n’étais pas venue à la rencontre des lecteur-ice-s et ça me manquait beaucoup. Entre la crise sanitaire et les montagnes russes liées à l’édition, c’était difficile d’organiser quelque chose. Alors quand j’ai vu que deux autrices de romances historiques organisaient cette journée, je me suis dit que ce serait l’occasion idéale de revenir vers vous.

Ce sont Alexia Henricksen (Le viking et la völva) et Shannen Malka (Les amants maudits de Versailles) qui ont eu cette belle idée et je vous dévoile ici le contenu de cette journée qui s’annonce riche en émotions.

Dans un cadre propice à la thématique historique, Alexia et Shannen vous concoctent un merveilleux programme rempli de rencontres et dédicaces avec des auteur-ice-s et des maisons d’édition, des conférences, mais aussi de la danse et un marché des créateur-ice-s rien que pour vos beaux yeux.

Moi-même je serai présente avec un petit stock de La Dramaturge et je l’espère de Double Morale avec les marques-pages assortis. Il y aura aussi des Micro-Poèmes imprimés pour les amateurs de petits-mots et des bonbons (pour vous amadouer parce que je sais que vous aimez les douceurs, n’est-ce pas ?)

Alors on se retrouve là-bas ? Vous venez me faire un coucou hors du temps ?

Pour les dernières informations, la page facebook de l’événement est juste là : Journée de la Romance Historique

Et si vous êtes déjà tenté-e-s de venir, c’est ici pour vous procurer les billets en avant-première : Billets Journée de la Romance Historique

Rendez-vous le 16 octobre aux Caves Saint-Sabin, à Paris !